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   - Le 10 décembre, à cinq heures du matin réveil, nous devons nous habiller en tenue de travail, prendre nos affaires de toilette. Une heure plus tard, nous sommes dans les camions, destination inconnue. Après une bonne demi-heure de route, on nous invite à descendre sur une route bordée d’arbres et par endroit de hauts murs de clôture. Nous ne connaissons pas ce lieu. Il faisait encore nuit. Sur au moins un kilomètre, nous avons été alignés de chaque coté de cette voie, tous les dix mètres environ et alternativement regardant la route ou l’extérieur. Moi, j’avais cette chance de regarder la route. Ce qui fait que vers neuf heures, le jour commençait à poindre, un convoi est passé devant nous : des véhicules blindés,  autres voitures noires. Une DS Citroën noire suit tout cet ensemble de véhicules, j’ai aperçu le personnage qui à ce moment regardait par la vitre de la portière, c’était De Gaulle. D’autres voitures  suivaient cette DS. Tout c’est déroulé dans les trente secondes. Je crois savoir que c’était la dernière fois qu’il apparaissait en Algérie.  Les camions sont arrivés, Nous avons grimpé rapidement espérant retourner au camp. Mais, destination inconnue, enfin pour un moment, car arrivé à Alger, nous avons débarqué dans un dépôt de cars de ville.

    - Ainsi tu as vu De Gaulle, s’écria Éva.

    - Oui, je l’avais déjà vu ailleurs et plus près. Il était venu à Tours, en se rendant à son pupitre, il est passé à un mètre de moi.

   - Tu étais bien placé.

   - Ce n’est pas le sujet, écoute Gérard, lance Michel

   Gérard s’arrête un peu et boit une bière.

   - Ça vous à plus ?

   - Continu, tu n’es pas encore à la quille.

   - J’espère que ce n’est pas long surtout pour les femmes.

   - Au contraire, j’aime bien les histoires, tu racontes bien dit Juliette.

   - Bien, je continue, où en étais-je ?

   - Dans un dépôt de bus.

   - Ah , oui ! Pendant près d’une semaine, nous avons été chargés d’assurer la protection des voyageurs des lignes de bus. À chaque militaire était adjoint un garde civil. Le mien c’était un pur et dur. Le premier jour, j’étais positionné à l’arrière du car avec lui en face du contrôleur. Il me demande si mon fusil est chargé, je lui réponds que non. Il me prend l’arme et les cartouches, le bruit de la culasse a eu pour effet de faire taire les conversations qui s’étaient engagé dans le véhicule. Lui, des grenades accrochées  à la ceinture, il se montrait rude à son affaire. Il se chargeait de fouiller tous les hommes qui montaient. J’ai demandé par la suite de changer de garde civil, J’en ai eu  un autre, bien, avec qui je parlais de nos vies militaires, lui partait à la retraite dans peu de temps.

 

   - J’ai donc participé à un maintien de l’ordre ce qui fait qu’avant Noël j’ai reçu mon certificat prouvant cela et donc prétendant recevoir la médaille commémorative d’Algérie. Distinction que recevait à cette époque tous les militaires des corps combattants.

   - Tu as donc combattu.

   - Non, à part des premiers jours, le restant du temps je restais dans le dépôt à jouer aux cartes, en attente de revenir dans notre camp d’instruction.

   - Après tu n’es pas resté au centre d’instruction ?

   - Oui, j’ai été muté comme tout le monde.

   Juliette propose d’autres boissons.

 

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