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- Alors
Orléans est tombé.
-
Oui, non sans mal, d’abord, on arrive le mercredi en vue de la ville, Le bâtard
d’Orléans est là avec les troupes de
Nicole de Giresme. Le lendemain on a chargé les vivres sur des chalands
et en remontant
-
Et Jeanne ?
-
Évidemment Jehanne n’était pas la dernière et en passant par la porte de Bourgogne,
la nuit tombée, le trésorier du duc
d’Orléans : Jacques Boucher l’a reçue chez lui.
-
La prise d’Orléans a commencé.
-
Oh non ! Pas si vite, on s’observe, Jehanne a envoyé un message aux
anglais leurs demandant de partir, mais c’est seulement quand est arrivée
l’armée royale avec le maréchal.. euh! de Boussac, excuse moi j’ai eu un trou
de mémoire, que réellement les hostilités ont commencé.
-
C’était quand ?
-
Le 4 mai au soir… C’est çà, ils ont pris la bastille de Saint-Loup, le
lendemain repos une trêve a été décidée pour le jour de l’Ascension.
-
Il faut bien se reposer un peu.
-
Pas pour longtemps, les jours suivants la bastille des Augustins et le fort des
Tourelles ont été pris, là Jehanne est blessé.
-
Oh ! Ce n’a pas été grave puisqu’elle est là.
-
Non une flèche mais sans gravité puisque au soir elle rentre dans Orléans sous
les acclamations des Orléanais, les Anglais ont quitté la ville hier.
-
Et vous êtes déjà revenu à Tours,
-
Maintenant elle veut décider le dauphin à se faire couronner et comme il est présent ici, nous voici.
Nous
sortons, il fait trop chaud dans ce petit local, Bertrand rajoute hilare :
«
Tu va voir, elle va rencontrer aussi sa copine Eliette. En effet le lendemain
dans la grande rue, Jeanne se promenait avec la jeune fille. Mais quelque chose
avait changé : elle s’était coupée les cheveux.
Déjà
plusieurs jours que je cherche à revoir Jeanne, mais celle-ci est toujours soit
en prière ou en escapade entre Tours et Loches suivant Charles dans ses
déplacements. Enfin, le jour de
-
Quentin ! Comment allez-vous ?
-
Très bien merci de votre gentillesse, mais c’est à vous que je demande la même
chose, vous avez coupé vos ravissants cheveux.
-
Oui, parce que j’ai senti de la réticence dans mes ordres envers les hommes,
ils n’aiment pas être commandés par une femme et de colère je me les suis
coupé.
-
Çà change, et maintenant cela va-t-il mieux ?
-
Un peu mieux.
-
Vous avez été blessée, je crois ?
-
Pas grave, vous voyez, je suis là, en pleine forme, je profite de ce que le
dauphin prépare son couronnement, pour me reposer un peu,
-
Vous avez décidé Charles ?
-
Çà n'a pas été sans mal, je m’y suis reprise à plusieurs fois aussi bien ici à
Tours qu’à Loches, heureusement que parmi sa cour, des personnes l’influent
dans la même sens que moi et avec l’aide de
Dieu çà se fera j’en suis sûre.
Elle
avait dit cela avec une grande conviction.
- Quentin,
j’ai une réunion pour la suite de ma mission : chasser les Anglais de
France, je vous quitte… à bientôt.
-
à bientôt.
Mais
je sais que c’est notre dernière entrevue. Je retourne au château pour saluer
mes amis.
Je
reste à Tours quelque temps pour suivre la suite des évènements. Les troupes
sont reparties et Jeanne aussi. Dans le mois de juin les batailles se suivent à
un rythme soutenu : reprise de la ville de Jargeau puis le pont à
Meung-sur-Loire, la libération de Beaugency, la victoire de Patay, les
redditions de Troyes, Châlons-en-Champagne et de Reims. Enfin le 17 juillet
1429 le dauphin devient roi de France sous le mon de Charles VII. Christine de
Pisan, poétesse de l’époque, a une admiration pour Jeanne, elle a écrit un
poème « Ditié de Jeanne d’Arc », s’émerveillant de la
délivrance d’Orléans, de ses exploits de caractères divins et invite Paris à
ouvrir ses portes au roi de France. Jeanne sera capturée prés de Compiègne et
après une succession de tribunaux, condamnée à être brûlée vive. Rien n’a été
trouvé contre elle, le tribunal a entériné le jugement comme sorcière. Le 30
mai 1431 une femme est brûlée sur la place de grève à Rouen. Ce jour là, contrairement
aux habitudes, la place était déserte, on avait bloqué les issues et les volets
des fenêtres de la place de grève devaient être fermés. Aucun compte-rendu
n’été édité comme on le faisait en ces occasions. Tout laisse à supposer que ce
soit Jeanne malgré les aventurières qui sont apparues quelques temps après.
A
l’annonce de la nouvelle, à Tours, c’est la consternation, des processions sont
organisées à Saint-Martin et à la cathédrale.
Je
reprends le chemin de retour vers le XXe siècle, la suite est dans les livres
qu’écrivent les historiens avec toutes les erreurs de transcription, d’omission
et que chacun va de sa plume pour essayer de cerner sa vérité, Des écrits de
l’époque disparaissent, peut-être compromettants pour certain ou par négligence
pour d’autres. La question qui reste en suspend depuis plusieurs siècles
est : Jeanne est-elle morte sur le bûcher ? Je laisse ce problème à
plus érudit que moi.
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