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Le
jour de Pâques s’est passé sous un soleil printanier et avec ses offices
religieux dans toutes les églises du village. Jeanne a naturellement continué
ses dévotions, je ne l’ai pas encore revue. Aujourd’hui le mardi 29 mars,
j’espère une entrevue, je me suis risqué vers le château, maintenant habillé en
soldat je passe partout. Je suis parvenu devant la tour du Coudray. J’hésite un
peu et la porte de la chapelle s’ouvre laissant apparaître le moine Jean. Il
vient vers moi.
- Bonjour,
vous êtes Quentin je crois, excusez-moi j’ai du mal à retenir les visages. Vous
voulez vous entretenir avec
Jehanne ?
-
Oui, si cela est possible.
-
Elle prie pour le moment, je viens de la rencontrer, patientez un peu. Là
dessus il s’éloigne, pas très causant ce frère. En effet quelques instant plus
tard, Jeanne sort de la chapelle, noire vêtue : une robe courte en gros
gris noir, un pourpoint noir et un chapeau noir, enfin pour une fille çà fait
très austère. Je me dirige vers elle.
- Bonjour
Jeanne, vous me reconnaissez ? Il y eut un moment d'incertitude de
sa part, puis avec un sourire
- Ah
oui ! Le ménestrel de l’autre jour.
-
C’est cela, je suis Quentin, et si vous pouviez me recevoir maintenant j’en
serai heureux.
-
Profitons du beau temps et asseyons-nous ici dehors.
Il
y avait là un rebord de la muraille formant agréablement un siège de fortune.
Elle commence par me demander :
- Si
j’ai bien compris vous vous documentez sur les événements actuels pour ensuite
les écrire en chansons.
-
C’est un peu çà.
-
Il n’y a pas grande chose à dire depuis notre dernière entrevue.
-
Enfin ! Votre séjour à Poitiers, et votre mission comment se
présente-t-elle ?
-
Trop doucement, pas assez rapide à mon avis.
-
Vos parents ne s’inquiètent pas trop ?
-
Si, je pense, surtout ma mère Isabelle, elle me manque un peu, mon père Jacques
Darc travaille beaucoup dans les champs, je ne le vois moins souvent, mais de
cœur il est content de moi.
-
Parlez-moi de vos frères.
-
Vous savez que j’ai des frères ? Je vais les voir sous peu, ils arrivent à
Chinon, j’ai demandé à Charles que mes frères Jean et Pierre viennent à mes
cotés et il a accepté.
- Orléans est un but ou une étape ?
-
Une étape et si dieu le veut, je gagnerai et je ferai couronner le Dauphin à
Reims. Elle avait dit çà avec force qui contrastait avec ses paroles
douces d’auparavant. Elle ne dit mot un court instant, les yeux dans le vague
comme absorbée par une vision passagère. Elle tourne la tête vers moi, ses yeux
sont plus doux.
- Je
suis un peu fatiguée, nous reprendrons un autre jour cette conversation, vous
viendrez avec moi à Orléans, je vous le demande.
-
Je vous suivrai, c’est entendu, allez vous reposer, bonne journée.
Elle
reprit le chemin de la chapelle, et moi je retourne au fort saint Georges.
Deux
jours de pluie fine comme
- Eh
salut Quentin, on est pressé, on est convié à une réunion importante, on s’voit
plus tard. Ils me font un signe d’amitié de la main et s’éloignent rapidement.
Dans l’après-midi je les retrouve en
compagnie de Jean D’Aulon. Je me joins au groupe.
- Cette
réunion était importante ?
-
Très importante, les conseillers ont accordé à «
-
En quoi consiste cette maison ?
-
C’est un ensemble de personnes qui entourent les hommes de guerre, tout çà va
être fait à Tours pour Jehanne, nous partons dans quelques jours.
-
Jeanne m’a demandé de venir avec elle.
-
En voilà une bonne nouvelle.
Nous
partons tous ensemble vers la taverne, pour boire, il va sans dire.
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