Les Francs ayant franchis
le Rhin avec leurs chefs : Clodion, Mérovée et Childéric, et poussant leur
avancée vers le centre du pays, se préparaient à annexer
A
la mort de Clovis en 511,
Pendant
ce temps, la vie en Touraine continuait à évoluer, le travail s’élaborait en
silence à l’abri des églises. Les génies des lettres et des arts tels Perpet,
Fortunat et Grégoire de Tours, formèrent, au milieu de toutes ces guerres, un
berceau de tranquillité et les gardiens de la civilisation.
Lorsque
l’on apprit la marche des Sarrasins qui dévastaient tout sur leur passage, une
grande peur s’installa en Touraine. Je suis allé faire une visite en ce temps
là.
Par
une belle journée ensoleillée, me voici sur une grande place derrière l’église
principale car presque à chaque coin de rue des chapelles ou des églises sont
édifiées. Effectivement la population est inquiète. Je m’approche d’un groupe
de villageois qui discutaient à hautes voix.
-
Les Sarrasins approchent, dit l’un.
-
Ils pillent des églises, dit un autre.
-
Et les maisons aussi comme tout envahisseur sans parler des femmes…
-
Il faut tous se réfugier dans les églises et prier pour demander protection du
Christ.
-
Où sont-ils ?
-
Aux dernières nouvelles ils sont à Poitiers.
-
Oui après avoir pillé les églises de Poitiers, leur chef en voudra plus et nous
sommes sur sa route.
-
Comment se nomme leur chef ?
-
Abdel Raman, je crois avoir entendu, intervient un grand gaillard.
-
Abdel ou pas il va falloir demander de l’aide à l’extérieur.
-
Il faudrait demander à notre maire du palais, envoi une grosse femme
-
Charles le Martel !
- Où est-il pour le moment ?
demande un prêtre.
- Il
doit être à Blois, dit un autre ecclésiastique, l’inquiétude allait
en grandissant.
-
Rentrez chez vous ils ne sont pas encore là.
La
foule se disperse lentement. Le conseil des ecclésiastiques se réuni dans cette
église dédiée à saint Martin, je me suis glissé en douceur derrière un pilier,
pour les écouter.
- Nous
ne pouvons pas rester là sans rien faire.
-
Les remparts que nous avons sont trop faibles pour nous protéger…
-
Oui et les murs de notre église ne résistera pas longtemps aux assauts de ces
provocateurs.
-
Il nous faut des soldats pour repousser l’assaillant et avec l’aide du
seigneur.
-
Envoyons une estafette rejoindre Charles
en toute urgence.
-
C’est la seule solution mais arrivera-t-il à temps.
Ce
qui fût fait dans l’heure. Je ressortis de l’église, dans l’attente, je
traverse la petite place vers un établissement que je soupçonne être une
auberge. Pas de clients dans la salle, seulement quelques tables vides et un
homme assis, prostré, ce doit être le patron.
- Je
peux manger, dis-je, l’homme sortis de ses rêves.
- Hein !
Quoi ! Manger en ce moment !
-
Il faut prendre des forces, ne pas se laisser à la tristesse, et puis ce que
l’on mange avant la bataille, les autres ne l’auront pas.
-
Vous avez raison, dit-il avec un large sourire, je ne sais pas qui vous êtes
mais vous me semblez sympathique, asseyez-vous.
Il
disparut vers ses cuisines et revient avec un gros pain, une terrine de pâté et
une cruche de vin. Il s’installe à ma table et commence à découper la miche et
m’en donne un morceau.
-
Allez y piocher dans l’pâté, de toute façon c’est du cochon et les sarrasins
n’en mangent pas. Après avoir vidé la cruche, l’homme était très animé
- Ils
n’ont qu’a venir, on va bien les recevoir.
-
Je suis sûr qu’ils ne viendront pas.
-
Qu’en savez-vous ?
-
Les soldats les arrêteront avant la ville.
-
Que dieu vous entende, mais alors il faut aller prier, il se lève et se dirige vers l’église me laissant seul dans
l’auberge.
Pendant ce temps la population s’était réuni
dans les églises, et il y en a dans toutes les ruelles. Je me suis remis dans
mon coin derrière un pilier à observer le déroulement des événements.
Après avoir piller les églises de Poitiers,
Abdel Raman convoitait le trésor de saint Martin, c’était sûr.
Le
Duc d’Austrasie et maire du palais, Charles Martel, aura-t-il le temps
d’intervenir en protection ?
Celui-ci fut contacté alors qu’il venait vers Tours, avec sa troupe, sur
les bords de Loire.
Arrivé
à Tours il donne l’ordre de n’ouvrir les portes de la ville qu’aux vainqueurs
et passa à l’église de saint Martin où les mêmes directives ont été ordonnées
ensuite il marcha à la rencontre des Sarrasins. Pendant ce temps dans toutes
les églises les habitants retenaient leur souffle et priaient.
Le
temps s’écoule lentement et après plusieurs jours, un messager arrive en
criant :
- Charles
est vainqueur.
-
Dieu merci.
-
Comment cela s’est passé ?
-
Il livra bataille au début, dans les plaines de Ballan sur la voie romaine de
Tours à Poitiers, ensuite il les a repoussés au sud de Poitiers et aux
frontières du pays. Les Sarrasins ont capitulés.
-
Vive notre maire du palais encore une fois.
Tout le monde sort des églises et reprends
peu à peu leurs besognes.
Je suis revenu de ce petit saut dans l’espace
temps.
Les
plaines de Ballan sont plus connues maintenant sous le nom de Landes de
Charlemagne. La capitulation des Sarrasins fut signée à Poitiers en 732.
Childéric
III fut le dernier roi de Touraine et Pépin mis la province sous l’autorité de
la monarchie unifiée en 752. Le sud de